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Quand j'étais ado, j'habitais dans le XIVème arrondissement de Paris, et quand mes copains allaient dans les grandes salles Gaumont de l'avenue du Maine voir le dernier film comique avec Jean Lefebvre, Pierre Mondy ou Bernard Menez, je préférais jouer les cow-boys solitaires en allant voir de bons vieux films dans des ciné-clubs. Frédéric Mitterrand avait ouvert des petites salles qualifiées "d'art et essai", dans les petites rues du quartier, pas loin du métro Pernety. "L'entrepôt", ça s'appelait. Rue Francis de Pressensé, même, si ma mémoire est bonne. Y'avait des films serbo-croates et albanais mais aussi des vieux classiques en V.O. avec Bogart, Brando ou James Cagney. Parfois y'avait un festival Elia Kazan ou Michael Curtiz. C'était un endroit cool avec un coin café et un coin librairie, vraiment un concept précurseur, et les salles, bien que de petites tailles, étaient rarement remplies.
Je garde cette image de Frédéric Mitterrand, le cinéphile visionnaire qui, comme Patrick Brion avec le cinéma de minuit de FR3, présentait sur la 2 les films du ciné-club qui passaient le vendredi soir.
Aujourd'hui il est rattrapé par ses frasques de jeunesse avec des gens du même sexe. Peu importe, il fait ce qui veut avec sa queue, on aurait jamais dû le savoir, et à l'époque des "coming outs" médiatiques, il a surtout loupé une énorme occasion de se taire.
Bien fait ! il pensait quand même pas qu'on allait le féliciter pour ses aveux sulfureux et ses phrases ambigües.
Puis y'a l'affaire de la caution morale, ça commence à faire beaucoup. Là, c'est une lettre privée, à l'en-tête de la villa Médicis qu'il dirigeait, dans laquelle il apporte sa caution, "morale" donc, à un filleul qui a quand même provoqué un viol avec un complice, menaçant leur victime d'une lame....
Putain ça commence à faire désordre quand même...
D'autant que, plutôt que de jouer profil bas, Frédéric Mitterrand devenu Ministre de la Culture de Sarko, monte sur ses grands chevaux parce que c'est une ignominie que la lettre de sa caution morale se retrouve sur internet et qu'on en parle, et qu'on le sache... il va même jusqu'à dire, notamment sur Europe1, que c'est une "inquiétude" et se demande comment les gens qui font circuler la lettre "peuvent se regarder dans une glace"... et que je te retourne la situation !
Ses histoires de cul et sa notion de la morale m'importent peu, on en parle assez, en effet...
Je remarque juste que ce type pour qui j'avais de l'estime, après être devenu le nouvel artisan de la Loi Hadopi, est maintenant "inquiet" de ce que permet internet, et, en bonne cible (j'allais dire "victime"...) de la liberté d'expression, va donc certainement désormais mettre un point d'honneur à surveiller et museler tout ça...
Et c'est pas Sarko qui va le retenir !
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