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Chic ! on peut enfin parler de cette histoire sans risquer quoique ce soit puisque l'affaire a été jugée, n'en déplaise à la Brasserie de Tahiti... Hinanonanèreuuhhhh...
Un récit aussi lamentable que passionnant, une lutte judiciaire d'un des plus gros annonceurs de pub du territoire contre un magazine prometteur et dynamique à qui cette affaire a porté un coup très rude. Vous avez bien sûr compris qu'aucun média ne va parler de cette affaire puisque sinon, en représailles, hop... ils retirent la pub et garder des recettes de pub de La Brasserie de Tahiti ça passe apparemment bien avant le devoir d'informer...Bonne lecture et n'hésitez pas à partager, par mail, sur facebook...
Ce qui suit est un communiqué de presse qui n'a pas beaucoup été repris à ma connaissance, vous en entendrez juste parler dans l'émission LE GRAND HUIT de RFO Radio Polynésie, vendredi à 08:08 et rediff. dimanche à 10:00...
Quatre ans après la parution d'un article dans le magazine U-TOPIC #5 qui incriminait la qualité des eaux en bouteille distribuées localement par la Brasserie de Tahiti sous le titre « Les marchands d'eau vendent-ils du vent ? » et au terme de l'instruction confiée au juge Stelmach pour faux et usage de faux sur plainte de la Brasserie de Tahiti, au cours de laquelle deux journalistes, Denis Lagoeyte (rédacteur en chef) et Sophie Marion (coordinatrice de la rédaction), avaient fait l'objet d'un placement en garde à vue, d'une perquisition des locaux de presse et d'un statut de témoin assisté, l'enquête a débouché sur un non-lieu définitif pour absence de charges suffisantes par ordonnance du juge d'instruction en date du 3 mars 2010.La Brasserie de Tahiti prétendait que les résultats d’analyse diligentés à la requête des journalistes auprès du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes avaient été falsifiés et se constituait partie civile pour faux et usage de faux. Les résultats des analyses publiés mentionnaient dans un lot d'Eau Royale un taux de nitrite 3,9 fois supérieur aux normes permises par le code de santé publique français et s'il perdurait, potentiellement dangereux pour la santé des enfants en bas âge. L'enquête dénonçait ainsi le manque de contrôle des autorités sanitaires sur la qualité des eaux embouteillées et l'absence d'information vers les consommateurs. Le prix de vente dans les archipels était aussi épinglé, de 20 à 32% fois plus cher qu'à Tahiti, malgré les dispositifs d'aide du Territoire (prise en charge du coût du transport, exonération de TVA).Les deux journalistes se félicitent de cette décision de bon sens de la justice, qui confirme la primauté du droit à l'information, une des garanties de la liberté d'expression inscrite dans la Constitution. A ce titre, il est choquant qu'un industriel, après avoir engagé des poursuites en diffamation puis les avoir abandonnées après que la rédaction lui ait fourni toutes les preuves du sérieux et de la bonne foi de son enquête, y compris les analyses, conformément aux dispositions de la loi sur la presse de 1881, ait attaqué sur le terrain du droit commun en portant plainte, dans un deuxième temps, pour faux et usage de faux. Si, au final les journalistes ont été lavés de tout soupçon, ils ont néanmoins dû subir dans le cadre de cette enquête une perquisition, la saisie de leur ordinateur, une garde à vue de 21 heures chacun et de multiples convocations et confrontations judiciaires, pour simplement avoir osé faire leur travail avec professionnalisme sur un sujet qui intéresse de si près la santé publique.
Pour toutes ces raisons, les deux journalistes ont décidé de faire valoir leur droit, conformémént à l'article 91 du code de procédure pénale, dans une action en dommages-intérêts sur le caractère fautif de la plainte avec constitution de partie civile de la Brasserie de Tahiti. L'audience publique, déjà reportée une fois, a été fixée au mardi 12 octobre 2010 devant le Tribunal correctionnel de Papeete, et le THT publiera le jugement dès qu'il sera connu.
Chronologie de l'affaire U-TOPIC / Brasserie de Tahiti
26 Mai 2006
Sortie en kiosque du magazine U-TOPIC #5
6 juillet 2006
Communiqué de presse U-TOPIC #5 (juin-juillet 2006) : Enquête sur la qualité des eaux embouteillées locales
10 juillet 2006
Reportage du journal télévisé du soir de RFO Polynésie : intervention du DG de la Brasserie de Tahiti, M.Fourcade, du chef de service du Service Santé et d’un laboratoire local.
11-13 juillet 2006
Série de communiqués qui dénoncent les « allégations mensongères » de l'enquête (Brasserie de Tahiti, Ministère de la Santé, Ministère des Petites et moyennes entreprise et de l’industrie, SIPOF - Syndicat des industriels de Polynésie française)
5 septembre 2006
Citation directe à comparaître pour diffamation par la Brasserie de Tahiti SA et Vaimato SA
La Brasserie de Tahiti, dans un premier temps, engage une procédure en diffamation contre M Lagoeyte, rédacteur en chef du magazine, par citation devant le tribunal correctionnel
14 septembre 2006
le magazine U-TOPIC signifie l'offre de preuve Conformément aux dispositions de la loi de 1881 sur la presse, le magazine U-TOPIC signifie une offre de preuve qui contient l’ensemble des éléments juridiques et techniques sur lesquels l’enquête journalistique avait été réalisée et notamment les analyses du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes parues dans l’article de presse.
19 octobre 2006
La Brasserie de Tahiti, dans un deuxième temps, dépose une plainte avec constitution de partie civile entre les mains du juge d’instruction du tribunal de première instance de Papeete. L'industriel prétend que les résultats d’analyse diligentés à la requête des journalistes auprès du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes ont été falsifiés et se constitue partie civile pour faux et usage de faux.
21 novembre 2006
Constatant la réalité et le sérieux de l’enquête journalistique, la Brasserie de Tahiti, ne répond pas à l’offre de preuve et abandonne sa procédure en diffamation sans même verser la consignation et sans se présenter à l’audience du tribunal correctionnel qui constate le désistement de la Brasserie de Tahiti qui n’est ni comparante, ni représentée.
18 juillet 2007
Perquisition de 4h dans les bureaux du magazine, sur commission rogatoire.
Saisie de 4 documents de correspondance (mails et courrier), de l’iMac et des deux disques dur du PC.
20 juillet 2007
L’ordinateur et les disques durs sont rendus par la brigade de recherche de la gendarmerie de Papeete.
21 juillet 2007
Un expert informatique atteste que les données de l’un des disques durs « sont inaccessibles et irrécupérables ».
28-29 février 2008
Placement en garde à vue pendant 21 heures avec nuit au dépôt du rédacteur en chef (Denis Lagoeyte) et de la coordinatrice de la rédaction (Sophie Marion). Confrontation avec l'huissier de justice.
25 mars 2009
Convocation par le juge d’instruction Stelmach de la coordinatrice de la rédaction Sophie Marion, en tant que témoin assisté.
26 mars 2009
Convocation par le juge d’instruction Stelmach du rédacteur en chef Denis Lagoeyte, en tant que témoin assisté
6 mai 2009
Confrontation U-TOPIC / l'huissier de justice / Brasserie de Tahiti
La partie civile, la Brasserie de Tahiti, ne se rend pas à la convocation. Son conseil, Me Quinquis s’excuse : la confrontation est reportée.
23 septembre 2009
Nouvelle confrontation U-TOPIC (Denis Lagoeyte, Sophie Marion) / l'huissier de justice / Brasserie de Tahiti. La confrontation a lieu, en l'absence de l'huissier.
3 mars 2010
Un double non lieu, définitif à ce jour, est prononcé pour absence de charges suffisantes contre Denis Lagoeyte et Sophie Marion par ordonnance du juge d’instruction.
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