jeudi 14 octobre 2010

Affaire U-TOPIC vs. BRASSERIE DE TAHITI, la belle victoire en justice du pot de terre contre le pot de fer !

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Chic ! on peut enfin parler de cette histoire sans risquer quoique ce soit puisque l'affaire a été jugée, n'en déplaise à la Brasserie de Tahiti... Hinanonanèreuuhhhh...
Un récit aussi lamentable que passionnant, une lutte judiciaire d'un des plus gros annonceurs de pub du territoire contre un magazine prometteur et dynamique à qui cette affaire a porté un coup très rude. Vous avez bien sûr compris qu'aucun média ne va parler de cette affaire puisque sinon, en représailles, hop... ils retirent la pub et garder des recettes de pub de La Brasserie de Tahiti ça passe apparemment bien avant le devoir d'informer...

Bonne lecture et n'hésitez pas à partager, par mail, sur facebook...
Ce qui suit est un communiqué de presse qui n'a pas beaucoup été repris à ma connaissance, vous en entendrez juste parler dans l'émission LE GRAND HUIT de RFO Radio Polynésie, vendredi à 08:08 et rediff. dimanche à 10:00...

Quatre ans après la parution d'un article dans le magazine U-TOPIC #5 qui incriminait la qualité des eaux en bouteille distribuées localement par la Brasserie de Tahiti sous le titre « Les marchands d'eau vendent-ils du vent ? » et au terme de l'instruction confiée au juge Stelmach pour faux et usage de faux sur plainte de la Brasserie de Tahiti, au cours de laquelle deux journalistes, Denis Lagoeyte (rédacteur en chef) et Sophie Marion (coordinatrice de la rédaction), avaient fait l'objet d'un placement en garde à vue, d'une perquisition des locaux de presse et d'un statut de témoin assisté, l'enquête a débouché sur un non-lieu définitif pour absence de charges suffisantes par ordonnance du juge d'instruction en date du 3 mars 2010.
La Brasserie de Tahiti prétendait que les résultats d’analyse diligentés à la requête des journalistes auprès du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes avaient été falsifiés et se constituait partie civile pour faux et usage de faux. Les résultats des analyses publiés mentionnaient dans un lot d'Eau Royale un taux de nitrite 3,9 fois supérieur aux normes permises par le code de santé publique français et s'il perdurait, potentiellement dangereux pour la santé des enfants en bas âge. L'enquête dénonçait ainsi le manque de contrôle des autorités sanitaires sur la qualité des eaux embouteillées et l'absence d'information vers les consommateurs. Le prix de vente dans les archipels était aussi épinglé, de 20 à 32% fois plus cher qu'à Tahiti, malgré les dispositifs d'aide du Territoire (prise en charge du coût du transport, exonération de TVA).
Les deux journalistes se félicitent de cette décision de bon sens de la justice, qui confirme la primauté du droit à l'information, une des garanties de la liberté d'expression inscrite dans la Constitution. A ce titre, il est choquant qu'un industriel, après avoir engagé des poursuites en diffamation puis les avoir abandonnées après que la rédaction lui ait fourni toutes les preuves du sérieux et de la bonne foi de son enquête, y compris les analyses, conformément aux dispositions de la loi sur la presse de 1881, ait attaqué sur le terrain du droit commun en portant plainte, dans un deuxième temps, pour faux et usage de faux. Si, au final les journalistes ont été lavés de tout soupçon, ils ont néanmoins dû subir dans le cadre de cette enquête une perquisition, la saisie de leur ordinateur, une garde à vue de 21 heures chacun et de multiples convocations et confrontations judiciaires, pour simplement avoir osé faire leur travail avec professionnalisme sur un sujet qui intéresse de si près la santé publique.
Pour toutes ces raisons, les deux journalistes ont décidé de faire valoir leur droit, conformémént à l'article 91 du code de procédure pénale, dans une action en dommages-intérêts sur le caractère fautif de la plainte avec constitution de partie civile de la Brasserie de Tahiti. L'audience publique, déjà reportée une fois, a été fixée au mardi 12 octobre 2010 devant le Tribunal correctionnel de Papeete, et le THT publiera le jugement dès qu'il sera connu.


Chronologie de l'affaire U-TOPIC / Brasserie de Tahiti

26 Mai 2006
Sortie en kiosque du magazine U-TOPIC #5

6 juillet 2006
Communiqué de presse U-TOPIC #5 (juin-juillet 2006) : Enquête sur la qualité des eaux embouteillées locales

10 juillet 2006
Reportage du journal télévisé du soir de RFO Polynésie : intervention du DG de la Brasserie de Tahiti, M.Fourcade, du chef de service du Service Santé et d’un laboratoire local.

11-13 juillet 2006
Série de communiqués qui dénoncent les « allégations mensongères » de l'enquête (Brasserie de Tahiti, Ministère de la Santé, Ministère des Petites et moyennes entreprise et de l’industrie, SIPOF - Syndicat des industriels de Polynésie française)

5 septembre 2006
Citation directe à comparaître pour diffamation par la Brasserie de Tahiti SA et Vaimato SA
La Brasserie de Tahiti, dans un premier temps, engage une procédure en diffamation contre M Lagoeyte, rédacteur en chef du magazine, par citation devant le tribunal correctionnel

14 septembre 2006
le magazine U-TOPIC signifie l'offre de preuve Conformément aux dispositions de la loi de 1881 sur la presse, le magazine U-TOPIC signifie une offre de preuve qui contient l’ensemble des éléments juridiques et techniques sur lesquels l’enquête journalistique avait été réalisée et notamment les analyses du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes parues dans l’article de presse.

19 octobre 2006
La Brasserie de Tahiti, dans un deuxième temps, dépose une plainte avec constitution de partie civile entre les mains du juge d’instruction du tribunal de première instance de Papeete. L'industriel prétend que les résultats d’analyse diligentés à la requête des journalistes auprès du laboratoire de santé publique ENSP-LERES de Rennes ont été falsifiés et se constitue partie civile pour faux et usage de faux.

21 novembre 2006
Constatant la réalité et le sérieux de l’enquête journalistique, la Brasserie de Tahiti, ne répond pas à l’offre de preuve et abandonne sa procédure en diffamation sans même verser la consignation et sans se présenter à l’audience du tribunal correctionnel qui constate le désistement de la Brasserie de Tahiti qui n’est ni comparante, ni représentée.

18 juillet 2007
Perquisition de 4h dans les bureaux du magazine, sur commission rogatoire.
Saisie de 4 documents de correspondance (mails et courrier), de l’iMac et des deux disques dur du PC.

20 juillet 2007
L’ordinateur et les disques durs sont rendus par la brigade de recherche de la gendarmerie de Papeete.

21 juillet 2007
Un expert informatique atteste que les données de l’un des disques durs « sont inaccessibles et irrécupérables ».

28-29 février 2008
Placement en garde à vue pendant 21 heures avec nuit au dépôt du rédacteur en chef (Denis Lagoeyte) et de la coordinatrice de la rédaction (Sophie Marion). Confrontation avec l'huissier de justice.

25 mars 2009
Convocation par le juge d’instruction Stelmach de la coordinatrice de la rédaction Sophie Marion, en tant que témoin assisté.

26 mars 2009
Convocation par le juge d’instruction Stelmach du rédacteur en chef Denis Lagoeyte, en tant que témoin assisté

6 mai 2009
Confrontation U-TOPIC / l'huissier de justice / Brasserie de Tahiti
La partie civile, la Brasserie de Tahiti, ne se rend pas à la convocation. Son conseil, Me Quinquis s’excuse : la confrontation est reportée.

23 septembre 2009
Nouvelle confrontation U-TOPIC (Denis Lagoeyte, Sophie Marion) / l'huissier de justice / Brasserie de Tahiti. La confrontation a lieu, en l'absence de l'huissier.

3 mars 2010
Un double non lieu, définitif à ce jour, est prononcé pour absence de charges suffisantes contre Denis Lagoeyte et Sophie Marion par ordonnance du juge d’instruction.


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12 commentaires:

Anonyme a dit…

Je me demandais toujours ce qu'il était advenu de cette affaire d'empoisonnement délibéré de la population ;
A l'époque, j'avais définitivement boycotté l'eau royale pour de la Volvic ....
Par ailleurs, n'était-ce pas une affaire dont l'association de consommateurs aurait dû se mêler ????

CONSOMMATEURS UNISSEZ VOUS !!!!

Anonyme a dit…

Ben voilà une question pour le président sic pour le prochain big 8 : qu'en pense t'il ? Je ne pourrais hélas pas suivre ça demain à 8H08 ... Zut , et dimanche non plus ...

Anonyme a dit…

alors on a été empoisonné à l'insu de notre plein gré?
et pourquoi la Brasserie rie?
OQPHIé

LOLO, Tahiti Herald Tribune a dit…

souviens-toi... c'est depuis cette affaire que tu es occupé à chier :)

Albert2 a dit…

C'est la victoire du pot t'eau contre le pot d'vin !

Albert2 a dit…

Il a été prouvé par études scientifiques, que si nous buvons plus d'un litre d'eau par jour, nous ingurgitons en une année plus d'un kilo de bacilles coliformes fécaux dilués dans l'eau, soit en trois mots : 1 kg de merde !
En contrepartie, en buvant de la bière, du whisky, du rhum ou toutes autres liqueurs, nous ne courrons aucun risque !
En effet, dans le cas de la bière par exemple, le processus de distillation passe par plusieurs étapes de purification comme le chauffage, le filtrage et enfin la fermentation.
Arrêtez de vous intoxiquer avec l'eau qui vous fait du mal ; scientifiquement parlant, l'eau c'est de la merde et l'alcool... c'est la santé !
Pour une vie sans emmerdes, préférez le goulot !
Je sais, c’est quand même faire de la pub à la Brasserie, mais de toute façon, c'est elle qui contrôle la presque totalité des ventes d'alcools sur le territoire (Hinano, Heineken, Tabu, Cutty Sark...), alors…
Je conclurai en disant que c'est nettement mieux de boire de la bière et parler comme une merde, que de boire de la merde et ne rien dire !
Santé et prospérité à tous !

brad a dit…

Yo Albert 2
de Belgique ou de Monaco?
(en tout cas ta vanne doit être belge)
Faudra nous expliquer, qu'on rigole.

Pehu Oe a dit…

Tu aimes les scoops ?
J'ai une question à poser : L'analyse a porté sur les nitrites, pourquoi n'a-t-elle pas porté sur les germes infectieux ?

Je vais te raconter une petite histoire moi aussi :

Il était une fois une source Caudèle qui a été aménagée pour mettre de l'eau en bouteilles sous le nom d'Eau Royale.

Pour mettre de l'eau en bouteilles et être sûr qu'elle ne soit pas polluée par les germes de la surface, tout doit être aussi stérilisé-stérile qu'étanche depuis la moindre goutte captée jusqu'à l'emballage des bouteilles en palettes de livraison.
Bon.

L'eau est donc captée à partir d'une pompe qui la tire à partir d'une crépine située profondément dans la nappe phréatique, au coeur de la poche d'eau si nécessaire. La mise en place de cette tête est donc cruciale car si elle est contaminée par un seul germe, il va proliférer dans toute la nappe, et donc dans toutes les bouteilles. Toute l'usine doit normalement en mourir.

Quand l'usine Vaimato a été montée, elle a fait des analyses comparatives à partir d'échantillons pris dans des bouteilles de : Volvic, Eau Royale et de Vaimato, évidemment, en y recherchant les germes fécaux, etc.

La bouteille de Volvic était contaminée à un niveau faible mais qui aurait du lui retirer son appellation d'eau de source. Cette contamination a été imputée, sans preuves mais avec du "sens commun", au long voyage entre Volvic et Tahiti. La longueur et les manipulations nombreuses pouvant expliquer la relative faiblesse de la contamination (si c'était pollué à la source, bonjour à l'arrivée ici ...).

La bouteille d'Eau Royale était fortement contaminée par du staphylocoque doré, Staphylococcus aureus, germe ultra-courant et partout et hautement pathogène. Cette bouteille dépassait tous les seuils autorisés dans l'eau potable en bouteilles et aurait du être détruite plutôt que mise dans des biberons...

La bouteille de Vaimato était contaminée par Pseudomonas aeruginosa à un niveau qui a entraîné aussitôt l'arrêt de la production et la destruction de plusieurs dizaines de palettes en attente d'expédition. L'origine de cette pollution a été rapidement trouvée, une histoire de filtre mal monté juste avant la mise en bouteilles, ce qui a été un gros soulagement car la contamination de la tête de captage aurait signifié la fermeture de l'usine ou alorq quelque chose de pas très catholique, du tout.

Bref, que se passait-il donc à la source Caudèle ?

J'ai entendu dire peu après que la tête de captage de l'Eau Royale était contaminée et que c'était absolument top-secret pour ne pas foutre tout le monde au chômage...
Manuia mon bébé !

Je n'ai jamais plus bu d'Eau Royale depuis, c'est toujours le cas aujourd'hui. Je ne sais pas si la chose a été corrigée, c'est à dire si le captage a été abandonné au profit d'un autre encore sain ou s'il y a eu une autre "correction".

Je n'ai strictement rien contre la Brasserie qui est un de nos majors mais je n'ai strictement rien pour non plus : En consommateur basique, je regarde les produits sans tenir compte d'autre chose que leur qualité et leur prix.

Bon, Vaimato ne date pas d'hier et tout ça c'était au moment de sa création. Si l'Eau Royale était réellement dangereuse, depuis le temps, ça se saurait, ça se verrait. Ceci dit, mon boycott personnel continue toujours : Ne pas communiquer sur ses problèmes engendre une profonde et durable méfiance.

Amusant, non ?

Anonyme a dit…

Au delà des nitrates contenus dans l'eau royale....
Il suffit de lire l'étiquette pour s'apercevoir que le taux de chlore est maintenant de 100mg/l (il était de 70mg/l il y a quelques années).

Par comparaison, Vaimato c'est seulement 6,6 !

Alors, posez-vous la question de savoir pourquoi la BDT ajoute du chlore dans son eau soit-disant, je cite : "naturellement pure..."

Alors peut-être que ce n'est pas dangereux pour la santé à cette dose, mais ça donne vraiment pas envie !

Pehu Oe a dit…

(suite et fin)

La bouteille d'Eau Royale était fortement contaminée par du staphylocoque doré, Staphylococcus aureus, germe ultra-courant, partout et hautement pathogène. Cette bouteille dépassait tous les seuils autorisés dans l'eau potable en bouteilles et aurait du être détruite plutôt que mise dans des biberons...

La bouteille de Vaimato était contaminée par Pseudomonas aeruginosa à un niveau qui a entraîné aussitôt l'arrêt de la production et la destruction de plusieurs dizaines de palettes en attente d'expédition. L'origine de cette pollution a été rapidement trouvée, une histoire de filtre mal monté juste avant la mise en bouteilles, ce qui a été un gros soulagement car la contamination de la tête de captage aurait signifié la fermeture de l'usine ou alorq quelque chose de pas très catholique, du tout.

Bref, que se passait-il donc à la source Caudèle ?

J'ai entendu dire peu après que la tête de captage de l'Eau Royale était contaminée et que c'était absolument top-secret pour ne pas foutre tout le monde au chômage...
Manuia mon bébé !

Je n'ai jamais plus bu d'Eau Royale depuis, c'est toujours le cas aujourd'hui. Je ne sais pas si la chose a été corrigée, c'est à dire si le captage a été abandonné au profit d'un autre encore sain ou s'il y a eu une autre "correction".

Je n'ai strictement rien contre la Brasserie qui est un de nos majors mais je n'ai strictement rien pour non plus : En consommateur basique, je regarde les produits sans tenir compte d'autre chose que leur qualité et leur prix.

Bon, Vaimato ne date pas d'hier et tout ça c'était au moment de sa création. Si l'Eau Royale était réellement dangereuse, depuis le temps, ça se saurait, ça se verrait. Ceci dit, mon boycott personnel continue toujours : Ne pas communiquer sur ses problèmes engendre une profonde et durable méfiance.

Amusant, non ?

xoftahiti a dit…

Je confirme que l'eau royale est contaminée : à chaque fois que j'en verse sur du pastis : cela se trouble

Pehu Oe a dit…

J'ai essayé avec Volvic et Vaimato et ça se trouble aussi !!

Tu mets du pastis aussi dans les biberons des petits ?
Ça fait cher le bib' !
(en plus, après, ils pissent partout et font des tas de conneries.)