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vendredi 13 novembre 2009

L'enfer et le paradis à quelques pas de distance...

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Petite fille du quartier "Kosovo" - photographie de Paskua

LILI OOP et PRINCE PASKUA sont d'extraordinaires artistes qui, entre autres activités, publient des chroniques ordinaires des petites gens de Polynésie dans LA DEPECHE. Elle signe les textes et lui multiplie les photos dans un noir et blanc contrasté riche en émotions. Ses images à lui avec ses mots à elle, cela donne toujours un résultat qui vous chope et ne vous lâche pas pendant un bon moment. Ils ne manquent pas de constater et dénoncer les inégalités et leur dernière chronique, intitulée "le prix de l'eau au Kosovo" fait déjà réagir un peu partout.
Serge Massau de RADIO1 en touchait d'ailleurs un mot hier dans son émission "à vous la parole" à José Thorel, le Procureur de la République qui confirmait que, sans connaître le dossier, cela lui semblait relever d'une compétence communale.
Certes nous ne découvrons pas la misère depuis quelques articles récents, nous savons qu'elle existe et qu'on la cache comme une honte, comme de la poussière planquée à la hâte sous un tapis en pensant que personne ne verra jamais rien...
Les politiques multiplient les beaux discours et les promesses mais les "favellas polynésiennes" sont toujours présentes au fond des vallées, ou aux abords des palaces pour touristes friqués.
Même si l'action politique n'est pas de notre ressort (quoiqu'en parler est un début d'acte politique...), ne devenons-nous pas en quelque sorte complices de nous taire comme les autres en feignant d'ignorer "ces gens-là" ?
Ici, au "Kosovo", sur l'ancien terrain du drive-in d'Outumaoro, il y a des réfugiés, comment les appeler autrement ?
L'article, qu'il faut absolument lire et faire circuler, nous apprend que ce quartier est devenu rien moins qu'une zone de non droit tenue par d'anciens membres du G.I.P. pourtant officiellement dissout, qui règnent en tyrans sur les lieux et qui ont décidé arbitrairement, puisqu'ils ont ce "pouvoir", d'accorder une heure d'eau par jour aux "réfugiés", parce que c'est eux qui décident !
Il faut voir les détails insoutenables dans l'article, c'est à peine croyable...
On ne sait pas bien si cet endroit relève de la commune de Faa'a ou Punaauia, et en cas de souci, les deux municipalités ne manquent apparemment jamais une occasion de se renvoyer la balle ou de botter en touche.
Les communes ont désormais l'obligation de délivrer de l'eau potable à leurs administrés... alors ?
C'est quoi ces passe-droits et le maintien de barbouzes revendiquant encore leur appartenance à une milice dissoute, et exploitant leurs semblables ?

Comme le montre l'image ci-dessus issue de Google Earth, ce quartier de misère est à quelques pas seulement de l'hôtel Intercontinental Resort and Spa.
Triste contraste d'un luxe ostentatoire où l'on prend des bains parfumés aux huiles essentielles et où l'on mange à l'une des meilleures tables de Tahiti, à deux pas d'un taudis immonde et d'autant plus indigne qu'il est sous la coupe de quelques patibulaires qui ont clairement menacés nos artistes avec cette phrase “Toi, t’arrêtes de prendre des photos ou tu vas te rappeler ce qu’on fait des merdes de journalistes ici…”, allusion cynique et inacceptable à l'affaire JPK.
La dernière fois que quelqu'un faisait une aussi immonde allusion c'était ici, ne l'oublions jamais...
Donc, nous ne sommes plus ici dans de la fracture sociale ici, c'est du séisme, du cataclysme social !!!!
Les communes vont sans doute réagir et auront à coeur de faire respecter le droit en faisant cesser ces abus avec des violences et une précarité d'un autre âge...
En tout cas, grâce à LILI et PASKUA qui ne sont pas du genre à lâcher l'affaire, (...et le modeste relais de cet article) les mairies de Faa'a ou Punaauia ne pourront plus dire qu'elles ne savaient pas !
Donc "action !" mesdames et messieurs les élus ! Un peu de courage et de dignité...
Les médias ne vont pas vous lâcher.

le spa de l'Intercontinental Tahiti
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