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On avait déjà vu ce gros bateau arriver en Polynésie après le terrible crash de Air Moorea.
Il revient dans nos eaux, l' "île de Ré", pour poser le fameux câble sous-marin Honotua qui va relier la Polynésie à Hawaii et nous amener le haut-débit. Gros tralala de bienvenue à l'arrivée et notre Jean-Paul Barral qui parade en expliquant fièrement que presque toutes les autorisations avec les U.S.A. sont obtenues.
Hein ? pardon ? on se lance dans un tel projet alors que toutes les autorisations ne sont pas encore bouclées ?
Et si on ne les obtient pas on fait quoi ?
Mais le plus incoyable c'est que Barral, avec son arrogance de chevalier blanc toujours loquace pour commenter les "affaires" ne nous dit pas tout si l'on en croit le staff dirigeant de la société Digicel, qui rame depuis des années pour se faire une place dans la téléphonie mobile polynésienne... et part en croisade avec beaucoup de foi pour l'ouverture à la concurrence.
En effet Barral déclare que "Déjà, dans le monde de l’administration française, c’est terrible. À Hawaii, c’est encore plus terrible." mais la réalité serait toute autre... je laisse terminer Mr Gilbert Wane, représentant DIGICEL en Polynésie... et ce serait sympa qu'un jour on arrête de nous prendre pour des cons à l'heure où tout peut se savoir ! Avec le haut débit on sera informés des magouilles et des mensonges encore plus vite...
Tout d’abord, ce n’est pas Hawaii qui bloque. C’est l’OPT qui ne remplit pas deux conditions exigées par le bureau fédéral du gouvernement américain, la Federal Communication Commission (FCC) qui sanctionne sévèrement toute situation de monopole.
En effet, selon l’enquête publique réalisée par la FCC, qui s’est déroulée du 2 au 30 juillet 2009 (Public Notice report n° SCL-00089NS), l’OPT a été obligé de demander deux dérogations pour se mettre en règle des textes de la FCC. Voir le document officiel de la FCC.
☏ L’OPT a fait donc une première demande de dérogation (request a waiver) à la section 1.767 (h) (1) du règlement de la FCC qui exige que « toute entité propriétaire ou qui contrôle une station d’atterrage (cable landing station) aux Etats-Unis, doit être également le titulaire ou le demandeur officiel de la licence de station d’atterrage ». Or l’OPT qui a fait une demande de licence d’atterrage et d’exploitation (authority to land and operate a common carrier) ne peut pas remplir cette condition puisqu’elle a décidé au départ, de ne pas être propriétaire d’une station d’atterrage à Hawaii. En revanche, l’OPT aurait signé un contrat de colocation (Landing Party Agreement-LPA), pour utiliser une station d’atterrage existante appartenant à la société Pacific LightNet, Inc (PLNI). L’OPT a donc demandé une licence de station d’atterrage alors qu’elle n’est pas propriétaire d’une station d’atterrage ! La ficelle risque d’être un peu grosse pour que la FCC accorde la licence d’atterrage et d’exploitation à l’OPT. Auquel cas, la société Pacific LightNet, Inc (PLNI) serait alors en position de force considérable car l’utilisation de la licence d’atterrage et d’exploitation de cette dernière, serait l’option de dernier recours pour notre câble HONOTUA prévu d’être branché chez PLNI.
☏ L’OPT a fait aussi une deuxième demande de dérogation à la section 63.10(c)du règlement de la FCC qui exige que « tout demandeur de licence ayant été classé ou jugé « dominant » pour fournir un service particulier sur une route particulière (en l’espèce sur Hawaii) …. doit être distinct de l’opérateur propriétaire du câble … les comptes doivent être différents … les installations ne peuvent pas être détenues en communs». Donc l’OPT qui a été classé comme un monopole (opérateur dominant), est interdit d’exploiter directement HONOTUA à partir d’Hawaii. Une autre société devra le faire à sa place. L’OPT ne pouvant contourner cette interdiction demande donc une dérogation. C’est un obstacle juridique rédhibitoire car également, selon la Chambre Territoriale des Comptes (CTC), l’OPT n’a pas le droit de créer des filiales privées comme il a fait avec TIKIPHONE, MANA et d’autres sociétés. En revanche, selon notre Statut d’autonomie interne, le Pays peut le faire à la place de l’OPT. Mais est-ce acceptable par la FCC puisque le Pays est également propriétaire de l’OPT ? Notre gouvernement est-il informé de cet obstacle juridique soulevé par la FCC? On se souvient encore que l’OPT avait caché, à une certaine époque, au gouvernement son trésor de guerre en le plaçant ailleurs, pour éviter qu’il soit absorbé par le budget du pays (voir les rapports de la CTC).
En conclusion, une situation très précaire se profile à l’horizon : l’OPT fait tirer un câble d’une dizaine de milliards vers Hawaii, alors que l’autorisation de la FCC n’est pas encore sécurisée, selon la dernière conférence de presse de M. BARRAL (voir la Dépêche du 14 novembre 2009). L’OPT aurait confié à ALCATEL-LUCENT Submarine Network (dont quelques responsables ont été mis en examen pour l’appel d’offre de ce câble) le soin de négocier ces autorisations. Y-a-t-il une obligation de résultat ? Espérons-le.
Il faut prier que l’OPT obtienne rapidement l’autorisation de la FCC car le câble toucherait Hawaii vers le 25 février 2010. En cas de refus quel sera le plan B ? Est-ce l’utilisation de la licence d’exploitation de la société PLNI, propriétaire de la station d’atterrage où sera branché HONOTUA ? Ce serait alors comme si vous ouvrez un commerce aux USA, en utilisant la station et l'autorisation de quelqu’un d’autre à l’étranger ! Nous vous laissons imaginer ce scénario où la société PLNI se frottera bien les mains.
Cette façon de travailler est très critiquable. Les médias devraient demander du gouvernement des précisions sur ces points spécifiques. L’enjeu économique est énorme.
Ironie de l’histoire, ce serait l’Amérique qui viendrait indirectement au secours des abonnés polynésiens, pour obliger notre pouvoir politique à fragiliser le monopole de l’OPT !
Vive HONOTUA et longue vie !
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