mardi 21 décembre 2010

Lettre ouverte d'un instituteur suppléant qui attend sa paye...

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Plus que quelques jours avant Noël...
L'épicerie sociale de la croix rouge vient d'ouvrir à Papeete, les associations font le plein de dons alimentaires pour des distributions dans la semaine à des familles nécessiteuses afin qu'elles ne passent pas Noël dans le dénuement total.
Polynésie Première diffusait il y a quelques jours un reportage montrant une jeune polynésienne qui étudie à Paris et qui attend le versement de sa bourse depuis quatre mois, vivant une situation de plus en plus alarmante.
Aujourd'hui, un lecteur, instituteur suppléant crie son désespoir et sa colère dans une lettre ouverte aux comptables payeurs de l'Etat...
Combien sont-ils dans ce cas, plongés dans les problèmes financiers et dans le rouge bancaire pour des retards administratifs ?
Qu'est-ce qu'on glande dans les services climatisés où les virements sont décidés ?
Je lis qu'un léger mieux économique semble se profiler pour la Polynésie... ben oui si on maintient artificiellement de la trésorerie en faisant de la rétention de paiement...
Que les décideurs et les payeurs veuillent bien appuyer sur la touche envoi de leur clavier pour déclencher ces paiements avant d'aller acheter leur foie gras, pour que des dizaines de familles polynésiennes puissent passer un Noël juste décent...




"Je m’appelle James YU TENG et je suis instituteur suppléant dans les écoles catholiques. Je fais de petits contrats compris entre une semaine et quelques mois, mais pas de délégation annuelle.
J’ai commencé « ma carrière » novembre 2009, j’ai fait petits remplacements dans plusieurs écoles catholiques de Tahiti.

Du 6 au 24 septembre 2010 puis du 4 au 8 octobre 2010, j’ai effectué des remplacements dans une école catholique renommée de la ville.

On nous a dit qu’il faut toujours attendre 2 mois pour être payé, donc logiquement, le mois d’octobre pour moi.

Nous sommes le 20 décembre 2010, j’ai reçu, il y a deux semaines, deux fiches de paye, une où j’ai été payé 61 282XPF (soixante et un mille deux cent quatre-vingt deux francs) et que j’ai reçue (la chance...)
ça correspond au remplacement que j’ai fait du 4 au 8 octobre 2010 et une autre de 221 629 XPF (deux cent vingt-et-un mille six cent vingt neuf francs), qui correspond au remplacement que j’ai fait du 6 au 24 septembre 2010,mais qui ne m’a pas été versée !

Et lorsque je demande pourquoi, les administrations d’Etat responsables de la paie, à savoir le Vice Rectorat et le Trésor Public, se rejettent la balle !
Le Vice Rectorat dit que l’ordre de paiement à été mandaté le 18 novembre, mais que le Trésor Public bloque.
Le Trésor Public dit qu’il manque des « papiers », ou encore que le Vice Rectorat s’est trompé dans le numéro de mandat.

Je suis allé voir ces institutions d’Etats chaque semaine depuis le début du mois, je n’ai toujours pas de réponse claire et précise, on me dit « la semaine prochaine ce sera fait ». Ou encore « Mardi prochain » !

Mesdames et Messieurs les comptables payeurs, je vous tiens pour responsables de ces retards et de la « merde » financière dans laquelle je suis aujourd’hui !

Ma chère banque m’a autorisé un découvert de 100 000XPF (100 000francs)au mois de septembre, je pensais que ça allait suffir…. Et ben non, à ce jour, malgré les 61 282XPF, mon découvert approche dangereusement les 200 000XPF, et oui ! Ma banquière m’appelé, elle est obligé de suspendre mon compte ainsi que tous les moyens de paiements qui y sont liés !
J’ai un loyer à payer, de la nourriture à acheter, du gasoil à acheter pour ma voiture, des vêtements !
Je fais comment maintenant ? Je vais me prostituer ? Comme certains de nos pauvres étudiants polynésiens qui, il y a quelques années, étaient obligés de se prostituer pour se nourrir et payer leur loyer parce qu’ils n’avaient pas reçu leur bourse depuis leur rentrée ? Et cette année ça recommence !
Ce sont les fêtes les jours prochains, je pensais au moins pouvoir offrir à ma chère maman un adaptateur pour la TNT, ben non, désolé maman, je ne pourrais pas !

Mesdames et Messieurs les comptables payeurs, je demande ouvertement des indemnités de retards ainsi que le remboursement de tous mes frais bancaires.
Je vous saurés grés de bien vouloir régulariser ma situation ainsi que celle de mes collègues suppléants avant le 31 décembre 2010, sinon je me verrais contraint d’en saisir les autorités compétentes.

Je ne vous salue pas !
Bonnes fêtes à tous !

James YU TENG, ancien instituteur suppléant"
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17 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci Lolo!
James

Thouet Poerava a dit…

Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres certains ne sont payés que 6 mois après

Anonyme a dit…

Bonjour le niveau de l'orthographe chez les instits de Polynésie !

Anonyme a dit…

Comme c'est écrit, j'étais suppléant!

Anonyme a dit…

Même suppléant on n'en est pas moins bachelier me semble-t-il.
Il faut espérer que les enfants étaient bien gardés, au moins...
Réflexions qui n'excusent en rien l'incompétence d'autres fonctionnaires ou responsables politiques.

Mimi mato a dit…

Tout le monde sait ça : Comptablement parlant, payer les gens après le 31 décembre (Euuh, après la gueule de bois plutôt, parce que dur-dur de viser avec la souris le 1er, ou le 2, ou le 3, ou ...) permet de minimiser le déficit 2010 puisque ces sorties seront imputées sur 2011. En plus, les agios ça fait tourner les banques qui, comme chacun sait, vont toujours à l'épicerie sociale pour chercher leur ma'a quotidien.

Faire autrement serait une politique volontariste appliquée par des agents de service public mais pour faire de la politique volontariste avec des agents de service public il nous faudrait des politiciens volontaristes avec un service réellement public, pas des politocards parasites s'entourant de fetiis aussi incompétents que colontaristes.

On vote pourquoi, déjà ? Ah, oui, c'est vrai, pour le dernier qui a parlé et en oubliant tout ce qu'il a pu faire et surtout ne pas faire avant.
Pourquoi se plaindre alors ? Parce que mensonge et mépris des autres ne sont pas la grande règle des pays normaux.

Si tu votes, n'écoute pas !
Regarde l'avant surtout.
Sinon après t'as ça.

Fa'a aito ito.

Pauline a dit…

Ceci est un message aux jeunes qui lisent ce blog : soyez votre propre patron. Les salariés, au delà d'être exploités, ne sont jamais à l'abri d'un problème de paiement... même lorsque c'est l'Etat qui donne la becquée.
Cette lettre en est la preuve.

Pierre a dit…

Faudrait arrêter de faire croire à tout le monde que le salut, c'est l'entrepreunariat. As tu vu, Pauline, les statistiques de faillite avant la fin de la 1ère année d'activité ? C'est encore pire que le chômage, car tu es souvent endetté pour plusieurs années ...

Enfin bref, par pitié arrêtons les poncifs de ce genre. C'est comme les micro-crédits, on va faire croire qu'avec ça tous les petits tetanui vont pouvoir se nourrir ... pfff

@ James le suppléant : Qu'est il écrit sur les contrats que tu signes quant au paiement de tes actes ? Si j'étais toi, ce serait directement mise en demeure de payer par voie d'huissier.

Carabasse a dit…

Bonjour Mimi mato,
Je suis entièrement d’accord avec ton post. Toutefois, une petite précision « comptablement parlant » : le payeur a jusqu’au 31 janvier voire 28 février pour liquider les dépenses de l’exercice précédent. De toute façon ces dépenses sont imputées à l’exercice précédent.
Concernant le salaire de James, son employeur commet un délit par rapport au Code du travail, il pourrait donc le poursuivre devant l’inspection de travail. Petit rappel de l’article 13 :
« A l’exception des professions pour lesquelles des usages établis prévoient une périodicité de paiement différente, et qui seront déterminées par arrêté pris en Conseil des Ministres, le salaire doit être payé à intervalles réguliers ne pouvant excéder quinze jours pour les salariés engagés à la journée ou à la semaine et un mois pour les salariés engagés à la quinzaine ou au mois. Les paiements mensuels doivent être effectués au plus tard huit (8) jours après la fin du mois de travail qui donne droit au salaire. »

Bonjour Pierre,
Je suis entièrement d’accord avec toi, concernant les micro-crédits et les TPE, c’est du « cinéma » de notre ex-cadre d’une banque TevaRo….

James a dit…

@ Pierre:
Il n'y a pas vraiment de contrats, ce sont des arrêtés Ministériels.
Je suis nommé à un poste pour une durée déterminée.

@ Anonyme: Il arrive à tout le monde de faire des fautes d'orthographe, même chez les Professeurs des Ecoles qui ont 30 ans de carrière!

Anonyme a dit…

Désolé James, mais ton histoire est aussi désolante et honteuse que ton orthographe. Même et surtout après 30 ans de carrière.

Carabasse a dit…

James,

Anonyme est sans intérêt puisqu'il est anonyme. De plus on peut être très fort en "aurtograf" et être nul devant un clavier (j'en sais quelque chose !)

Anonyme a dit…

Très fort en orthographe et nul devant un clavier ? Comprenne qui pourra ! À moins que ce « Carabasse » (qui est son vrai nom, évidemment, lui n’est pas un anonyme...) ait des problèmes de liaison entre le cerveau et le bout des doigts : il pense « a » mais tape « b ». Un psychomoteur, quoi.

Pauline a dit…

@Pierre : où est le salut dans salariat ? Au départ, il faut bien quelqu'un pour créer une activité, et j'encourage seulement les lecteurs à ce que ce soient eux.
Car ton argument, qui est vrai, de dire que beaucoup se cassent la figure la première année est pertinent. Sauf que lorsqu'on est salarié, on subit le même cassage de figure de l'entreprise dans laquelle on est, en général dans les 5 premières années, à cause de dirigeants incompétents. Au moins, lorsqu'on dirige soit même, on ne subit pas les erreurs de management des autres. C'est bien aussi de prendre ses propres responsabilités. On est tous capable.
Dernier point : il faut arrêter de penser que créer une activité propre demande un gros investissement. Il y a des activités de services qui engendrent des bénéfices le premier mois d'activité.
Fa'aitoito à tous.

Pierre a dit…

Désolé mais nier que tout le monde n'a pas les capacités pour entreprendre, c'est un brin démago.

Je vote donc je juge a dit…

Je partage le point de vue de Pierre. Le discours actuel de l'entrepreneuriat, clé de tous les problèmes, est une vaste fumisterie qui ne sert qu'à masquer l'incapacité des politiques à régler le déficit d'emploi.
Il est plus facile de faire culpabiliser les personnes qui ont perdu leur emploi et n'en retrouvent pas, que de régler les raisons pour lesquelles il n'y a plus d'emploi.

Anonyme a dit…

Eh bien moi je connais quelqu'un qui a rejoint la Métropole à la fin de l'année 2009 (quelques mois avant le 31/12) et qui a du attendre le bon vouloir du Trésor Public en AOUT 2010 pour percevoir le solde des sommes qui lui étaient dues, en se fâchant quand-même ...
Qui dit mieux?
Courage James !