lundi 10 mai 2010

Implacable haut-commissaire...

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Nos politicards semblent décidément bien solidaires dans leur médiocrité, ainsi que les syndicalistes mous, face à la crise majeure que nous traversons.
Au point donc que, comme nous l'avons déjà observé, de nouvelles tendances se dessinent consistant désormais pour les élus à bout d'arguments et d'idées à se dédouaner, en transférant tout ou partie de la responsabilité du chaos économique sur la population, puis sur l'Etat, à qui, pour la 3.459ème fois, on chante la complainte du nucléaire et le refrain de "la dette".
Une indemnisation humaine et décente des victimes du nucléaire bien sûr, évidemment, mais brandir systématiquement cet argument à la face de la métropole ça revient à rajouter chaque fois une rustine à une roue crevée, éclatée même, qui a besoin d'être changée !
Fritch s'est réveillé un matin en se disant qu'il fallait réunir les autonomistes dans un nouveau parti, mais cette fois là, sérieusement quoi ! Pfff.... un sous To Tatou Aia Piti qui fait ricaner nerveusement avant même de voir le jour... non mais faut oser quand même faire ce genre de proposition en gardant son sérieux après des années de chaises musicales stériles, et en plus Flosse n'est pas d'accord, donc ça promet encore de jolies embrouilles qui ne résoudront rien du tout...
Et donc, hier soir, sur le plateau du JT de RFO POLYNESIE, le Haut-Commissaire Adolphe Colrat était interrogé par Hélène Harte sur tout cela, et aussi sur les déclarations de Galenon détaillées ici hier.
Adolphe est un grand diplomate très poli.
Il a pourtant été très ferme et très clair. En termes délicatement choisis, il a expliqué qu'alors que les politicards locaux piaillaient pour des rallonges, l'Etat injectait déjà 170 milliards d'Euros dans les caisses de la Polynésie. Genre... ça fait des sous quand même, et puis vous donner plus ce serait prendre à d'autres...
Il a eu un mot sur l'instabilité, les affaires de corruption et les feuilletons de la justice qui éclaboussent tant d'élus (lesquels paradent toujours sans scrupules, comme s'ils étaient de blanches colombes et qu'ils n'avaient jamais mis les pieds au palais de justice, une ministre en exercice venant encore d'être condamnée...), toujours en des termes parfaitement choisis mais que l'on pouvait traduire en "je n'ai pas de leçon à recevoir de politicards pourris et corrompus".
Une pique aussi à Galenon qui faisait un parallèle avec la Grèce, là aussi si on avait pu traduire ses diplomatiques propos, on dirait "non mais faut'y être con pour faire cette comparaison !"...
Et enfin, sur la tutelle de l'Etat, qui semble être la dernière carte que tentent d'abattre piteusement les irresponsables locaux, en ayant le culot, en plus de faire la fine bouche et poser des conditions, la réponse d'Adolphe a été là aussi claire nette et précise : "tutelle NON, partenariat OUI"....
Partenariat... sauf que nos élus sont comme de pitoyables piafs demandant désespérément la becquée sans jamais esquisser le moindre début de programme concret de relance, ce que n'a pas manqué de souligner l'implacable Monsieur Colrat !
Zéro pointé à la classe politique locale donc... qui va nous trouver quoi maintenant ?
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9 commentaires:

Anonyme a dit…

et pourquoi pas une
DEPARTEMENTALISATION AUTONOME SOUS TUTELLE INDEPENDANTE ? sic !

Heikuranui a dit…

On a regardé le JT du dimanche, pour une fois (d'habitude les invités qui commentent l'actualité dans les tapati news dégoulinent de mauvaise foi). J'ai apprécié les interventions et le ton justes du Haut Commissaire.
Bien entendu, d'aucuns diront qu'il n'est pas chez lui et que s'il est pas content, n'a qu'à rentrer en France... et c'est comme ça qu'on afit avancer (reculer?) le schmilblik...

Bonne semaine Lolo & Co
Oun besito
Heikuranui (pleine de projets!)

Etn a dit…

Comment un Gts et encore plus son syndicliste auraient aller jusqu'à cette arrogance poliique de mettre la faute seule et unique à l'Etat, a la crise mondiale et meme à la Grèce qui aurait le toupet de prendre l'argent qui devrait revenir de plein droit à la Polynésie, alors que les politiques auraient été tout simplement les victimes de l'état, de l'Europe et de cette crise mondiale!!! Alors à aucun moment on avait-entendu personne de ces politicards faire le "mea culpa" collectif...alors un Commissaire qui crache les vérités en pleine face publique des tenants au pouvoir: gabégie, corruption, emplois fictifs...des élus...maitenant assumer cette autonmie jusqu'au bout!!!! C'est cela l'autonomie élargie...assumée jusqu'au bout!!!!
Bravo lolo pour cette analyse en plein dans le mil. Il apparaît que QBO semble attirer l'attention d'un nombre conséquent de l'électorat polynésie pour son nouveau parti...au moins un autre choix politique qui pourrait hélas venir perturber l'ichiquier politique des partis traditionnels, Tavini/Upld, Tta, Taho, Rautahi/Itf et l'empire du milieu...au profit des nouveaux partis politiques dans les urnes, la démoncratie enfin!!!!
Bonne semaine a tous!
Etn

FanFan a dit…

=> Anonyme, ce n'est pas sous ce statut qu'on est en ce moment ? moi je croyais ....

Je viens juste de voir la rediffusion du JT, j'l'ai trouvé bien le hautsaire, ferme et très diplomate aussi comme tu le dis si bien ( mais en même temps, ce s'rait -y pas son boulot ? ).

Même s'il est "pas chez lui", l'est envoyé là par la France qui "nourrit" la Polynésie .... manquerait + que ça , qu'elle donne le pognon, sans avoir aucun moyen de regard sur ce qui se passe sur place . Faudrait pas exabuser quand même ....

LOLO, Tahiti Herald Tribune a dit…

Pour l'analyse, je n'ai pas tellement de mérite, ça devient tellement grossier l'incompétence et l'irresponsabilité des politiques locaux...
Hélas...

Anonyme a dit…

La polynésie coute assez cher aux métropolitains pour qu'un "haussaire" se sente chez lui....
Mais nous répétons tous la même chose... cela a un autre poids quand c'est un Haussaire qui le dit, clairement et sans ambages...C'en est fini du langage sirupeux et consensuel...parce que franchement yen a marre de ces politicards qui prennent la France pour une vache à lait!
Chrisdesiles

Anonyme a dit…

Au point où on en est : Adolph, président!
LOL!

brad a dit…

Ya
Adolf über alles !

Rio a dit…

Vraiment excellents, les deux derniers commentaires... Blagues à part, j'ai moi aussi bien aimé l'intervention du Haussaire.

Toutefois, je me permet d'émettre un avis sur les dépenses de l'Etat en Polynésie. Il est vrai que l'Etat dépense 168 milliards chaque année ici, et que nos politiques sont malvenus de cracher dans la soupe...

Toutefois, ce que monsieur Colrat oublie de préciser, c'est que sur les 168 milliards dépensés en Polynésie en 2008, une bonne partie, en réalité, est très loin de retomber dans l'économie polynésienne...

Dans un premier temps, il faut noter qu'en moyenne l'Etat dépense autant pour un Polynésien que pour un français de France. La différence se fait en deux étapes:

1)Absence de retour "légal" sur cet investissement (notamment par le biais des impôts en France, inexistants ici);
2)Retour en réalité d'une bonne partie de cet argent en France (ce qui arrange l'Etat, donc ses représentant évitent de soulever ce problème même s'il est intimement lié à celui des monopoles).

Je m'explique: sur quasiment toutes ces dépenses, une capitation réelle est exercée: celle des salaires.

Vous croyez vraiment que les fonctionnaires d'état indexés dépensent tout ici?

Leur principale dépense, c'est celle qu'il font pour leur loyer... Perçue en général par de gros propriétaires, qui ont la même méthode de travail que lesdits fonctionnaires: garder un maximum et investir ça ailleurs, là ou tout ne risque pas de s'effondrer du jour au lendemain.

Et si j'ai bien conscience que certains de ces fonctionnaires sont loin d'être des nantis, la grande majorité de ces personnes (en général en mi/fin de carrière) l'est.

Idem pour les retraites, idem pour les dépenses communales, idem pour certaines dépenses de fonctionnement (billets pris sur Air France - mais bon, moins cher)...

La seconde plus grosse dépense d'un habitant de Polynésie, c'est la nourriture... Et là, comme c'est bizarre, même situation que pour les loyers, mais encore plus exacerbée (une personne détenant 87% des centres commerciaux du Pays)...

Après, il est vrai que ces dépenses rapportent indirectement à la Polynésie (c'est bien que nos gosses soient éduqués, c'est bien qu'on ait une justice, c'est bien qu'on ait la gendarmerie...) mais à l'heure actuelle, le problème est simple: l'argent, d'une façon générale, s'en va plus qu'il ne rentre dans les caisses...

Difficile de gérer les finances d'un pays avec une tonte légale organisée via monopoles!

Bref... Quand on regarde ces dépenses, il reste possible de s'interroger sur la part réelle du flux financier qui reste dans l'économie Polynésienne (que ça soit directement, ou simplement après une première dépense) sur cet investissement.

Ça n'empêche pas monsieur Colrat d'avoir raison sur l'essentiel... La Fête, c'est fini, faudrait peut-être se mettre à bosser.

J'ai aussi apprécié le "nous" qu'il n'a pas arrêté d'employer, reconnaissant par là la partielle responsabilité de l'Etat dans l'organisation de la gabegie locale.

Bien sûr, on ne peut pas dire que le gouvernement actuel soit responsable de la politique de l'ère Chirac, mais bon, quand on prend un pays, il faut aussi admettre hériter d'une situation mise en place par ceux qui l'ont géré auparavant, et c'est tout à l'honneur de la France que de le faire dans ce cas.